Présidentielles 2017: bilan de mon implication dans la campagne de Charlotte Marchandise

Introduction

En décembre 2016, après avoir voté comme près de 32000 autres citoyens sur laprimaire.org, Charlotte Marchandise (la candidate que j’avais placé en tête de mon vote) a été désignée comme citoyenne candidate à l’élection présidentielle.

À partir de là, Charlotte a dû constituer une équipe de campagne et se lancer dans cette folle aventure qu’est l’élection présidentielle. Dans les premières priorités, il y avait récolter des dons et décrocher les 500 parrainages…

Assez vite des appels à dons ont circulé via la newsletter de laprimaire.org et avec plus de 100.000 abonnés, on pouvait espérer lever une somme non-négligeable assez rapidement (avec 10€ chacun, ca faisait 1 million et l’objectif avait été fixé à 300 K€). J’ai fait un don conséquent pour être en accord avec mes valeurs mais peu de gens ont fait comme moi puisque le compteur de don n’a jamais dépassé les 80 K€.

La recherche des parrainages

L’autre aspect sur lequel on pouvait aider concernait les parrainages. Mi-janvier, j’ai donc proposé mon aide en remplissant un formulaire (hébergé sur framaforms.org) et j’ai suggéré des pistes pour essayer de structurer cette effort de recherche car je sentais que c’était un peu brouillon. Je m’attendais à être recontacté rapidement… en général les bénévoles qui font preuve d’initiative sont rapidement mis au travail. Mais là non, rien pendant une semaine. Alors j’envoie des emails pour essayer de faire avancer le schmilblick, on m’indique une personne référente de la recherche des parrainages et j’envoie un courrier direct à cette personne. À nouveau rien… j’apprends plus tard que cette personne référente a jeté l’éponge et que quelqu’un d’autre doit la remplacer sous peu. Au final, c’est Benjamin Grimont qui reprend les rênes et qui me recontacte par email puis téléphone vers début février. À ce stade, il ne reste déjà plus qu’un mois et demi…

Je propose alors à Benjamin de développer un site dédié pour faciliter la coordination de très nombreux bénévoles et éviter les doublons. L’idée est validée et je mets au travail. En quelques jours, une première version du site est disponible (code source ici) et j’héberge une démo sur un de mes serveurs. Il faut encore quelques jours pour faire valider le concept, pour rédiger un peu de documentation et pour inviter les bénévoles à se (faire) créer un compte sur cette plate-forme. Au final, la recherche des parrainages ne débute réellement de manière bien organisée qu’à J-30.

Un site dédié rendu possible grâce aux données ouvertes (Open Data)

Ce site éphémère a été rendu possible en croisant plusieurs bases de données ouvertes disponibles sur data.gouv.fr: celles des résultats des élections et celles listant les organismes publics en France (dont les mairies). Pour moi cette aventure prouve à quel point l’open data est utile et justifie d’aller encore plus loin. Avoir une liste à jour des élus aurait été bien plus utile par exemple. En effet, depuis les dernières municipales, des maires sont décédés et d’autres ont démissionné. Les bases de données publiées comportent des erreurs (la plus marrante que j’ai trouvé est un maire qui s’appelle « FAUX » et dont le nom était enregistré comme « 0 ») et/ou des imprécisions (les coordonnées GPS des mairies ne pointent pas à l’adresse de la mairie, mais juste vaguement quelque part sur le territoire de la commune, même pas forcément dans la ville elle même).

Malgré tout on dispose d’une cartographie des maires avec parfois la sensibilité politique de la liste élue…

Une montée en puissance

À l’annonce du site, nous avons rapidement atteint les 80 bénévoles et au fil des semaines nous avons dépassé les 270 bénévoles en recherche de parrainages qui chaque matin recevaient dans leur e-mail une liste d’élus à contacter en priorité (les jeunes femmes de gauche et de petites communes étaient en haut des listes, inversement les vieux hommes de droite et de grosses communes étaient en bas).

Avec une telle équipe, on pouvait légitimement croire en nos chances de trouver les 500 parrainages même dans un délai extrêmement réduit. 2 parrainages par bénévole, cela ne semble pas beaucoup.

Personnellement, je n’ai contacté que deux maires (qui ont finalement parrainé Benoît Hamon tous les deux), j’ai passé l’essentiel de mon temps à améliorer le site (on rajoute des fonctionnalités de recherche sur twitter/facebook, on étend la base de données avec les conseillers départementaux et régionaux, etc.) et à répondre aux questions des bénévoles.

Des approches complémentaires

Avec le site, on privilégie les bénévoles contactant les élus directement par téléphone mais on ne peut pas ne rien faire pour tous les autres élus. Un premier mailing national de toutes les mairies a eu lieu fin janvier (avant que je ne sois impliqué) et on en a organisé deux autres dans la dernière ligne droite.

Un premier mailing part par email avec un formulaire de réponse personnalisé pour dire « Non je ne parraine pas », « Oui je parraine », « Je ne sais pas encore, je veux être recontacté »… au final il n’y aura que quelques formulaires remplis alors que 36000 mairies ont reçu le message. Les élus ne se donnent même pas la peine de vous signifier leur refus (pourtant les statistiques d’ouverture prouvent de nombreux élus ou secrétaires d’élus ont ouvert le formulaire de réponse) et beaucoup demandent simplement aux secrétaires de filtrer tout ce qui concerne les parrainages. 🙁

Un deuxième mailing de la dernière chance a été adressé par fax à toutes les mairies (et oui la grande majorité des mairies disposent encore de ces outils d’un autre temps). Nous avons utilisé les services d’OVH pour ce mailing et cela nous a coûté environ 600 EUR pour couvrir toutes les mairies.

Un bluff sur les parrainages reçus

Pendant une grande partie de la campagne, un flou artistique a été entretenu sur le nombre de parrainages reçus… pour de multiples raisons plus ou moins valables.

D’abord il y a effectivement le fait que c’est le conseil constitutionnel qui reçoit désormais directement les parrainages et ce que nous pouvions collecter n’était rien d’autre que des promesses de parrainage. Et dans les faits, vers fin janvier, les promesses écrites pouvaient se compter avec les doigts des mains… mais on avait des listes d’élus sensibles à la démarche de laprimaire.org à recontacter et il y avait des promesses orales obtenues lors de déplacements.

Mais pour motiver les troupes courant février, c’est mieux de se dire qu’on a déjà un nombre significatif de parrainage (après tout cela fait déjà plus d’un mois que la rechercher de parrainages devrait avoir démarré). Et puis même pour les élus qui veulent parrainer, ils accordent plus facilement leur parrainage si vous leur dites que vous en avez déjà un certain nombre. Parfois cela les rassure, parfois c’est une question de « parrainage utile » (l’élu préfère alors donner son parrainage à un autre petit candidat qui est plus proche de la limite des 500).

Mais dans les statistiques du mini-site, les bénévoles voient la triste réalité: le chiffre des promesses de parrainage monte au compte-gouttes, on doit en avoir 35 au moment de l’ouverture de la période de collecte par le conseil constitutionnel et au premier pointage seuls 4 sont validés.

De nombreux élus attendent le dernier moment pour se décider en regardant les statistiques publiées par le conseil constitutionnel et alors qu’on espérait faire bonne figure avec nos 35 parrainages, on avait l’air marginal avec 4 puis 3 puis 21 puis 7. On ne sait pas si ce sont les élus qui ont été lents à renvoyer leur formulaire ou si le conseil constitutionnel a été lent à valider certains des formulaires mais les parrainages ne décollent vraiment que dans la dernière semaine avec 36 puis 64 parrainages supplémentaires.

Au final, avec 135 parrainages on est en quatrième position des candidats à qui ils manquent des parrainages (derrière Rama YADE, Alain JUPPÉ et Alexandre JARDIN).

Un blocage institutionnel

Le résultat est sans appel: Charlotte Marchandise, désignée par un processus soutenu/impliquant presque 130.000 personnes ne peut pas participer à cette élection présidentielle alors que François Asselineau à la tête de son parti de 15.000 personnes peut y participer.

Bien entendu, François Asselineau s’y est pris bien plus tôt et collecte des parrainages depuis au moins un an… mais cela n’explique pas tout, il y a aussi une différence de comportement entre les maires sensibles aux programmes respectifs des candidats. Les idées de Charlotte empiétaient sur les plates-bandes des grands partis de gauche et les élus de ces partis ne voulaient pas d’un candidat supplémentaire qui disperserait encore plus les voix de gauche… alors que ceux sensibles à la rhétorique anti-européenne et complotiste de M. Asselineau n’ont pas ce genre de soucis.

Ma conclusion

Bref, une fois de plus, nos institutions politiques ont prouvé qu’elles ne marchent pas et qu’elles ne servent pas l’intérêt général. Le vote uninominal à deux tours biaise tout le processus électoral et introduit cette exigence de « vote utile » qui fait que les gens ne peuvent même pas voter en fonction de leurs convictions.

Cette année je voterai donc un candidat qui propose de changer notre constitution et de donner cette responsabilité à des citoyens tirés au sort et non pas aux élus et aux partis qui confisquent le pouvoir depuis trop longtemps.

À ma connaissance, il n’y en a qu’un seul. Et aux législatives, je voterai pour un candidat citoyen ou pour un candidat mavoix.

Un petit point sur mon parcours politique

L’élection présidentielle approche. À cette occasion, je souhaite faire un point sur mon parcours politique de ces dernières années. Cela fait quatre ans que je n’ai rien posté sur ce blog!

Beaucoup de choses ont changé et pourtant les priorités que j’évoquais pour les élections présidentielles de 2012 sont encore bien d’actualités.

On peut toutefois noter une amélioration notable: le revenu de base fait désormais partie intégrante du débat public et c’est une bonne chose. « Rien n’arrête une idée dont le temps est venu. » aurait-dit Victor Hugo. Je crois bien que l’heure du revenu de base approche à grand pas. J’ai toujours adhéré au MFRB (Mouvement Français pour le Revenu de Base) pour soutenir leur travail. Merci à eux.

Pour les institutions, rien n’a vraiment changé. Mais mon envie de faire bouger les lignes reste bien là. C’est ainsi que lors des dernières élections européennes, j’ai découvert Nouvelle Donne, un jeune parti politique avec des valeurs intéressantes et une charte éthique digne de ce nom. J’y ai donc adhéré et me suis impliqué assez fortement.. jusqu’à aller à Paris pour me faire auditionner par un jury chargé de sélectionner les membres du Conseil Citoyen qui devait diriger le parti. Je n’ai pas été retenu mais j’ai trouvé ma place dans un comité régional et au sein de l’équipe numérique. L’aventure a été extrêmement riche humainement parlant mais aussi extrêmement décevante d’un point de vue politique.

La base a su développer un programment politique intéressant et assez élaboré (repris par d’autres d’ailleurs), mais son fondateur Pierre Larrouturou n’a jamais su lâcher les rênes et les efforts de structuration interne sont rapidement devenus des sources de conflits… à ce jour, ce parti est son outil et son tremplin pour les élections présidentielles, ce n’est plus le mouvement citoyen qu’il avait vocation à être. Nous étions plus de 10000 après les élections européennes, ils ne sont plus que quelques centaines à avoir voté pour un énième changement de bureau.

Bref, ma première expérience politique m’a laissé sur ma faim. En parallèle, j’ai suivi le déroulement de laprimaire.org où je découvre le scrutin par jugement majoritaire qui, comme la méthode Condorcet que je défendais jusque là, permet de classer tous les candidats en un seul tour en exprimant un avis sur chacun d’entre eux. Je participe donc à cette expérience… c’est là que je découvre Charlotte Marchandise et son programme et je lui attribue la première place de mon vote avec une mention « Très Bien ». D’autres semblent penser comme moi et elle gagne cette primaire.

Une telle candidature citoyenne est inédite mais une petite équipe s’est formée autour de Charlotte (on y retrouve plusieurs anciens de Nouvelle Donne!) et l’aventure continue. J’ai décidé d’apporter ma petite pierre à l’édifice en faisant un don conséquent et en aidant dans la recherche des parrainages.

La suite reste à écrire. Mais je vous invite à prendre votre part dans ce récit!

Objectif Oïkos, pour une économie au service de la vie

Parfois, il est bon de prendre du recul et de juger ses actes à la vue du dessein plus grand que l’on poursuit… et quand je regarde ce que font les hommes politiques de gauche comme de droite, j’ai juste envie de pleurer.

parlement

Heureusement d’autres personnes savent voir plus loin que le prochain sondage et prennent le temps de réfléchir au monde que nous voulons construire. Les membres du cercle des jeunes dirigeants (CJD) en font visiblement partie. Ils ont publié le livre blanc Objectif Oïkos dans lequel ils proposent une véritable refondation de notre système économique autour des impératifs sociaux, économiques et environnementaux d’aujourd’hui.

L’expression « pour une économie au service de la vie » nous rappelle que l’économie doit servir les hommes mais également la nature dans son ensemble, puisque sans elle il n’y a pas de vie.

Je ne vais pas détailler le contenu du livre, je vous inviter à vous le procurer et à le lire (il est également disponible sur le site de l’association).

J’aimerai toutefois citer un passage et vous en donner un aperçu:

Donnons à chacun, sans aucune condition, les moyens
minimaux d’une existence digne. […] Nous proposons ainsi que chaque adulte reçoive une somme de 400 euro tous les mois, la moitié pour les mineurs. Cette allocation universelle (AU), inconditionnelle, versée systématiquement à chacun, de la naissance à la mort, est le meilleur moyen d’éliminer tout risque d’extrême pauvreté.

Il ne s’agit ni plus ni moins que du revenu de base dont je vous ai déjà parlé. Et il est proposé ici par des entrepreneurs et des chefs d’entreprise. Preuve s’il en était que cette idée transcende les clivages.

Plus généralement, d’un point de vue fiscal, c’est une véritable remise à plat du système qui est préconisée en ne conservant que quelques impôts et taxes: taxe généralisée sur l’actif net (comprendre « taxe sur le patrimoine »), impôt universel de redistribution du revenu, CSG santé, cotisations sociales employeurs, TVA, biotaxes (j’aime notamment la taxe sur l’obsolescence qui sur-taxe progressivement tout produit dont la garantie est inférieure à 15 ans).

Je terminerai cet article en reprenant les 12 propositions principales du CJD (extrait du livre), en espérant que cela vous donne envie de découvrir plus en détail comment et pourquoi ces différentes propositions répondent à de réels problèmes.

  1. L’allocation universelle payée à tous les résidents français par tête sans aucune distinction de condition, revenu, statut, âge, remplace environ 30 régimes divers d’aide sociale.
  2. La Taxe générale sur l’Actif Net (TAN) remplace l’Impôt sur les sociétés (IS), les Droits de succession, l’Impôt Foncier, l’ISF. Elle est payée par les personnes physiques.
  3. Des biotaxes sont introduites progressivement pour préserver le capital naturel de la dégradation.
  4. La compétitivité des entreprises est renforcée grâce à la suppression de l’IS et à la réduction des charges sociales sur les salaires.
  5. Un bulletin de rémunération simple et lisible en quelques lignes permet de comprendre aisément la nature et l’utilité des prélèvements.
  6. Un Passeport Oïkos permet la capitalisation de droits sous forme de « miles ». Il permettra à chacun d’assurer notamment sa formation tout au long de sa vie.
  7. Un nouveau Droit de l’Entreprise régie l’Entreprise des Hommes. Il existe un Droit des sociétés, pas de Droit de l’entreprise. Il s’agit de rompre avec la logique capital-pouvoir, actionnariat-salariat. Mettre l’économie au service de l’Homme, c’est faire que l’entreprise appartienne à ceux qui y travaillent.
  8. Une Bourse Éthique à Viscosité Assurée (BEVA) propose aux entreprises et investisseurs une voie de sortie du courtermisme. Nous instillons une contrainte de viscosité dans les mouvements financiers, afin de décourager les flux massifs de capitaux à court terme en recherche de placements purement spéculatifs, destructeurs pour l‟entreprise et ses Hommes.
  9. Les activités de banque de dépôt et banque d’investissement / d’affaires sont séparées.
  10. L’argent liquide est supprimé. Il s’agit d’une mesure radicale pour lutter contre les fléaux de la drogue, de la corruption et du travail non déclaré. Les billets en circulation permettent le développement d’économies souterraines, parallèles ou occultes. Celles-ci échappent aux prélèvements fiscaux et sociaux et constituent un manque à gagner considérable pour le budget de l’État et le financement de la protection sociale.
  11. Le niveau de la dette et la pression fiscale sont maîtrisées par un amendement du statut de la Cour des Comptes qui lui donne le droit de veto souverain interdisant une croissance de la dépense publique (État + Régions) supérieure à 50% du taux d’accroissement de la population d’âge actif.
  12. La signature, par les États européens, d’un Pacte fédérateur de la zone euro afin que naissent « Les États-Unis d’Europe » avant 2020. Le pacte doit installer un processus irréversible permettant de réaliser l’union économique intégrée, pendant indispensable à l’union monétaire.

Il ne vous reste plus qu’à offrir une copie de ce livre à votre député et à l’inviter à travailler pour que tout ceci ne reste pas un effort intellectuel vain.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici.

Si j’étais président…

Cet article s’adresse à tous les hommes politiques qui vont diriger la France dans les prochaines années, aussi bien de gauche que de droite. Le changement a été un leitmotiv dans ces dernières élections… mais le changement qu’il faut à la France doit aller bien plus loin que les promesses faites dans la campagne.

Les thèmes que je vais aborder n’ont pas été au cœur de la dernière campagne présidentielle, mais il n’en reste pas moins qu’ils sont essentiels. Les hommes et femmes politiques qui auront le courage de mener ces réflexions et de faire évoluer notre pays, auront toutes les chances de rentrer dans l’Histoire.

Je réfléchirai à la réforme du système monétaire

L’effondrement du système financier international est à la une des médias et tout le monde suit cela comme un feuilleton à rebondissements. Personne ne s’interroge sur comment on en est arrivé là. Ou alors les explications données sont bien superficielles…

Pourtant le problème est systémique. Peu de personnes savent que l’argent en circulation est en réalité de l’argent dette. Chaque fois qu’une banque accorde un crédit, l’argent correspondant est créé. Malheureusement l’argent nécessaire pour rembourser les intérêts du crédit, lui n’est pas créé. Il faut donc le prendre sur l’argent déjà en circulation (et qui provient donc de crédits d’autres personnes/entreprises/états). Au final, pour que le système fonctionne correctement, il faut une masse monétaire en augmentation régulière.

Ainsi donc lorsque les banques arrêtent d’accorder de nouveaux crédits, elles créent automatiquement les conditions pour qu’une parties des créditeurs soient dans l’incapacité de rembourser leurs prêts. Les faillites deviennent inéluctables et le chômage s’envole.

Face à ces problèmes récurrents, il faut travailler à un nouveau système en gardant à l’esprit que l’argent est un outil au service de l’homme (dont l’objectif est de faciliter les échanger de services et de biens), et qu’on ne peut accepter la situation actuelle où la majorité de l’argent sert à auto-alimenter un système financier en déroute alors même que 10 à 20% des personnes n’ont même pas les moyens d’en gagner faute de travail rémunéré.

Je n’ai pas de solution miracle mais il me semble évident que les états (ou l’Euroland, la nouvelle Europe politique en gestation) doivent reprendre un rôle plus important dans le processus de création monétaire. Peut-être aussi faut-il changer les règles pour encourager la circulation de l’argent plutôt que sa thésaurisation. Le recours plus important à des monnaies alternatives est également une piste à explorer.

Quelques liens sur le sujet:

J’instaurerai le revenu de base

Le revenu de base est une évolution nécessaire de notre société. Il s’agit d’un revenu versé à chaque homme, femme, et enfant, et dont le montant doit leur permettre de se nourrir et de se loger.

Versé à tous les citoyens, quels que soient leur richesse ou leur condition sociale, ce revenu est un symbole d’égalité entre les hommes. Il encourage la création de familles et la vie en communauté, car le cumul des revenus de base et le partage des coûts d’un logement permet de vivre dans de meilleures conditions.

Ce revenu répond ensuite à une exigence de solidarité. Les gains de productivité et les progrès technologiques font que le plein emploi n’est qu’un souvenir des trente glorieuses. Il n’est plus nécessaire que tout le monde travaille pour assurer le minimum vital à toute la population. Et pourtant, sans ce revenu de base, travailler est le seul moyen de gagner l’argent nécessaire à sa propre survie. Il faut casser ce cercle vicieux qui nous a entraîné discrètement mais sûrement vers une société d’hyper-consommation, puisque consommer toujours plus a été le seul moyen que l’on a trouvé pour fournir du travail à une majorité de personnes (au détriment des ressources de la planète qui ont été pillées pour alimenter cette sur-activité).

Enfin, ce revenu répond à un besoin de liberté. Liberté de choisir son travail d’abord: lorsque nos besoins vitaux sont assurés, il n’y a plus de raison de prendre le travail comme un mal nécessaire. Les tâches ingrates devront être mieux rémunérées (ou alors être effectuées par des machines), sans quoi les gens préféreront utiliser leur temps à d’autres occupations. Liberté d’entreprendre également: créer son entreprise est est soudainement nettement moins risqué, puisque le revenu de base fournit l’assurance de pouvoir se relever d’une faillite.

Le France, si fière de sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité », est le pays idéal pour mettre en place ce revenu de base et montrer le chemin au reste du monde. Une telle réforme modifiera profondément notre société, mais celle-ci sera enfin le reflet collectif de nos choix personnels. Lorsque les gens ne seront plus focalisés sur leur propre survie, ils pourront enfin s’attarder sur d’autres préoccupations comme les enjeux écologiques auxquels nous faisons face.

Bien sûr, une telle mesure coûterait très cher. Mais elle remplacerait avantageusement la majorités des aides existantes, y compris la retraite, et pourrait aussi être partiellement financée par la création monétaire si l’état en reprenait le contrôle. Il s’agit plus d’une question de volonté politique que d’autre chose.

Quelques liens sur le sujet:

Je changerai le mode d’élection

Nos institutions politiques sont vieillissantes et une sixième république est une nécessité. Bien des changements sont souhaitables, mais je n’aborderai qu’un seul changement dans cet article: le mode de scrutin pour les différentes élections.

À chaque élection la question du « vote utile » revient. Faut-il voter le parti dont on se sent le plus proche qui n’a pas que peu de chances de gagner, ou bien faut-il choisir un gros parti à l’idéologie pas trop éloignée pour s’assurer que ce dernier sera bien représenté au deuxième tour ? Cette question ne devrait pas avoir lieu d’être. Il faut donner le moyen aux Français de voter selon leurs convictions réelles, et il faut que le vainqueur de l’élection soit le candidat le plus consensuel.

Fort heureusement, cela existe déjà et c’est employé par de plus en plus de structures associatives. Cela s’appelle le vote de Condorcet. Au lieu de ne choisir qu’un seul candidat, les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Il suffit d’un tour pour identifier un vainqueur. Bien entendu, le décompte des votes est un peu plus compliqué mais nous sommes en 2012 et l’informatique rend cela relativement aisé (tout en offrant à chaque citoyen la possibilité de vérifier si son vote a correctement été pris en compte).

Je préparerai les jeunes à être des adultes responsables et impliqués

Si l’on veut changer le monde, il faut changer les gens. C’est une mission de longue haleine qui se joue essentiellement à l’école. En effet, c’est à l’école que revient la lourde charge de préparer nos enfants à faire face aux défis de demain… et ces défis sont multiples, il ne s’agit pas simplement d’avoir les compétences nécessaires pour trouver un travail.

Il s’agit d’être de bons citoyens capables de prendre des décisions averties. Ils vont devoir élire des dirigeants sur des programmes économiques, sociaux et politiques. Il est donc impératif que tout un chacun ait des connaissances minimum sur l’ensemble de ces sujets. J’ai fait des études jusqu’au niveau ingénieur et pourtant on ne m’a jamais appris le mécanisme de création monétaire!

Il s’agit d’être de bons consommateurs. Ou plutôt des consomm-acteurs comme on dit de nos jours. Si tout le monde était convaincu d’avoir un réel pouvoir en sélectionnant attentivement ce qu’ils achètent (ex: électroménager garantie 20 ans, produits bio et locaux, etc.), le paysage économique serait différent.

Il s’agit d’être prêt a gérer une multitude de responsabilités comme fonder une famille, créer une entreprise ou diriger une association. Pour cumuler ces rôles avec succès, il y a des outils et des méthodes d’organisation, l’école devrait les présenter pour que chacun puisse choisir le mode de fonctionnement qui lui convient.

Enfin et surtout, il s’agit de s’assurer que chaque enfant ait pu donner un sens à sa vie. Leur épanouissement ne sera total que s’ils peuvent s’engager dans un travail ou dans une direction en adéquation avec leur sensibilité personnelle.

J’évaluerai l’efficacité de mon travail avec le baromètre du bonheur des Français

J’aurai à cœur que chaque citoyen trouve sa place dans la société et soit heureux de la contribution qu’il apporte. La plupart des statistiques (côtes de popularité, taux de chômage, croissance, PNB, etc.) sont bien insignifiantes lorsque le bien-être de ses concitoyens est l’objectif essentiel. Prenons exemple sur le Bhoutan et son indice du Bonheur national brut

Et si on parlait du revenu de base ?

Ces derniers temps ont été très agités socialement… tout cela pour 2 années supplémentaires avant l’âge officiel de la retraite. Franchement je ne vois pas là dedans un motif de descendre dans la rue.

Je serai plus disposé à le faire pour une vraie avancée sociale : le dividende universel ou le revenu de base. Il s’agit d’un revenu fixe donné à tout le monde sans conditions, ce revenu doit être suffisant pour se loger et se nourrir. Évidemment cette proposition est difficile à financer, mais cela rend caduques la retraite, le chomâge, les allocations familiales et le RSA/RMI. Et si l’on veut la financer, on le peut, c’est juste une question de volonté politique.

Quel est l’intérêt de ce revenu de base ? Rendre la liberté à chaque individu et remettre l’économie au service des gens plutôt que l’inverse. Les travaux dégradants que personne ne veut faire seraient automatiquement revalorisés, les entrepreneurs seraient plus nombreux car une faillite n’entraîne pas une situation précaire, les familles sont favorisées car elles cumulent plusieurs revenus de base, et chacun est libre d’apporter ce qu’il veut à la société. Les implications sont nombreuses et certaines poseront des problèmes, mais l’économie se transformerait pour y répondre.

Un film suisse (« Grundeinkommen ») présente la proposition et répond aux critiques les plus communes. Ce film a été traduit en Français, et je vous invite à le visionner sur www.revenu-de-base.org, il est fort instructif. Faites-le maintenant ou notez-le vous dans votre liste de choses à faire.

J’aime particulièrement l’introduction : nos ancêtres ont travaillé dur pour augmenter la productivité afin que l’on puisse travailler moins aujourd’hui. Mais en fait on ne travaille pas moins. Tout le monde doit travailler pour subvenir à ses propres besoins alors même que nos besoins essentiels ne nécessitent plus que tout le monde travaille. Il est temps de laisser les gens choisir s’ils veulent travailler pour avoir plus de revenus ou s’ils préfèrent utiliser leur temps à d’autres activités dont certaines sont sûrement tout aussi utiles (sinon plus) à la société sans pour autant être rémunérées (bénévolat dans les associations, éducation correcte des enfants, développement de logiciel libre pour un cas qui me concerne de plus près, etc.).

Pour conclure, j’aimerai faire remarquer que pas un seul parti politique français n’a entamé de réflexion à ce sujet. Alors qu’en Allemagne, en Suisse et en Autriche, le sujet a au moins été évoqué. On entend déjà parler des élections présidentielles de 2012, j’espère que nous saurons faire de cette proposition un élément du débat politique car il s’agit là d’une question de société essentielle.

PS: Certains proposent d’utiliser l’accroissement de la masse monétaire pour financer ce revenu de base et faire ainsi d’une pierre deux coups. Cela permettrait de se débarrasser du problème de la création monétaire par la dette en remettant la création monétaire sous le contrôle de l’état.