Je ne peux résister au plaisir de vous raconter une petite histoire qui concerne directement ma famille et mon village, Hésingue. Je raconte cette aventure dans l’espoir que cela permette à d’autres personnes de ne pas refaire les mêmes erreurs.
La toile de fond
Cela fait des années qu’un projet de lotissement (dit du Hittenberg) revient régulièrement sur le tapis. Ma famille (habitant rue de Blotzheim) est directement concernée puisque le lotissement en question serait juste derrière notre maison … pour mes parents qui vivent ici depuis 30 ans la perspective ne les réjouit guère, déjà que la nuisance de la route (12000 véhicules/jour !!) est de plus en plus pesante, on comprend qu’ils ne veulent pas perdre l’espace de nature et de calme derrière chez eux.
Toujours est-il que ce projet est revenu une fois de plus sur les devants de la scène poussée par la société SOVIA avide d’occasions de ce genre. On nous explique que la majorité des gens ont signé pour le lotissement et que dans ces conditions nous n’avons d’autres choix que de signer aussi sous peine de se voir exproprier en échange d’un quelconque autre terrain agricole. Devant le fait accompli, mes parents signent un échange de terrain afin de pouvoir préserver un beau jardin derrière chez nous.
Ce n’est pas étonnant que les gens aient signé… parce que la majorité des gens ayant acheté des terrains ici l’ont clairement fait dans un but spéculatif car cela fait longtemps que tout le monde est persuadé que quelque chose se fera un jour. D’ailleurs la mairie elle-même a acheté puis cédé des terrains dans cette zone. Les seuls « opposants » sont évidemment les habitants de la rue de Blotzheim pour qui ce quartier signifie une dégradation de leur environnement de vie. Mais peu de gens concernés sont propriétaires de terrains au-delà de leur habitation principale. Le seul moyen de pression (le refus de céder les terrains pour le quartier) est anéanti par le fait que les opposants représentent un tout petit pourcentage de la superficie prévue.
Pourtant mes parents ont acheté une dizaine d’ares dans la continuité de notre cour… cet achat date d’il y a très longtemps (plus de 26 ans). Ils ont payé à l’époque 5000 Francs par are pour un terrain non-constructible qui en valait peut-être 50… c’est dire si la spéculation sur ce quartier n’est pas neuve ! Mais ils ont préféré faire cette dépense en se disant que cela pourrait peut-être assurer leur tranquillité future et les événements récents ne leur ont pas donné tort.
Toujours est-il que tout le monde a signé soit une vente (belle plus-value à la clé..) soit un échange. Et donc ce lotissement est passé du stade de projet à la réalité. Et les buldozers sont arrivés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire …
Vous pouvez consulter cet album photo pour voir plus en détail comment nous sommes passés en une semaine d’un coin de nature verdoyante à un désert…
La réaction de ma mère
Ma mère est quelqu’un de très casanier. Son bonheur à elle est de nourrir les oiseaux, écureuils et de pouvoir observer de temps à autres les hérissons, chevreuils et autres bêtes qui sortent parfois des bois. Elle est heureuse de pouvoir vivre tranquillement chez elle et de profiter de son cadre de vie. Mais comme les photos le montrent, le changement dans le « cadre » est radical et brutal. Et ma mère a été très lourdement affectée … elle n’en dormait plus. Elle a senti une irrépressible envie d’agir même si le sort du lotissement est maintenant scellé. Elle a donc rédigé une lettre acerbe adressée à la municipalité où elle critique les acteurs responsables du sort de son (ex-)petit coin de paradis.
Cette lettre est parue (par bribes) dans les journaux Alsaciens… et c’est là que nos hommes politiques interviennent. Puisqu’ils sont mis en cause, ils se doivent de répondre. Monsieur le Maire publie sa version des faits dans l’Alsace et se fend d’un courrier un peu plus long à ma mère.
Quelle ne fût pas ma surpise en lisant cette lettre !
Il est normal qu’un homme politique essaie de défendre sa politique et son image, mais il est totalement scandaleux qu’il contre-attaque bassement en laissant croire que ma mère est la première à profiter financièrement de ce nouveau quartier. Pire encore il laisse entendre que la démarche de ma mère n’était pas sincère et qu’elle devrait avoir honte de ses actions… et qu’elle porte une grande part de responsabilité dans la réalisation de ce quartier !
Quand je lis cela, je dis stop. Monsieur le Maire, vous avez dépassé les limites de l’acceptable.
Le rendez-vous chez le Maire
Suite à ce courrier très tendancieux, mes parents ont exigé une entrevue avec l’intéressé pour mettre les choses au point. Il s’avère finalement que sa lettre est également un coup de sang suite à la publication de l’article dans les journaux. Il s’apprêtait à « encaisser la lettre » sans contre-attaquer mais la découverte de sa publication dans les journaux l’a quelque peu rebiffé. Maintenant qu’il connaît les circonstances et l’histoire complète de mes parents, il regrette d’être allé aussi loin.
Lors de la discussion Monsieur le Maire a confirmé que le lotissement ne pouvait pas se faire sans l’accord de tout le monde et qu’une seule personne pouvait s’opposer au projet… le mécanisme d’expropriation si la majorité des 75% est atteinte existe bien mais il ne s’applique que pour des AFUA, c’est-à-dire lorsque le projet est initié par la commune et qu’il est jugé d’utilité publique.
M. Igersheim ajoute en plus qu’il n’est pas de l’intérêt de la commune de multiplier les lotissements car ils représentent des contraintes importantes en terme d’aménagements publics (taille des écoles notamment). Le lotissement du Hittenberg est donc un projet privé qui n’a pu se réaliser que grâce à la collaboration de tous les (gros) propriétaires terriens avides de bénéfices.
Mon avis
Je ne réponds pas point à point à la lettre parce que mon souci n’est pas de déterrer la hache de guerre, mais bien de faire progresser la réflexion politique et de poser des questions pertinentes…
Concernant le POS, la forêt surplombant le lotissement est classée (et le courrier du maire le confirme) mais visiblement le contour (réel) de la forêt n’est pas respecté : pourquoi sinon les magnifiques acacias de la photo ci-dessous ont-ils été coupés ?
Si la commune considère réellement le lotissement comme contraire à ses intérêts, pourquoi n’a t’elle pas informé convenablement les gens de leurs droits ? Il y avait au moins deux propriétaires qui étaient opposés et qui ont signé « malgré eux » … il n’était pas très difficile de les identifier et de prendre contact avec eux.
Il est évident que les intérêts de SOVIA sont purement financiers. Mais les choses se sont passées si « naturellement » qu’on peut douter de l’existence d’une volonté politique à l’encontre de son projet. J’espère qu’à l’avenir la commune prendra plus à coeur son rôle d’information des habitants du village. En effet, je n’ai jamais lu le moindre article sur ce thème dans le journal communal.
Conclusion personnelle
Mes parents ont peut-être eu tort de ne pas chercher à vérifier ce qu’on leur a raconté… et peut-être alors n’auraient-ils pas signé cette échange signant l’arrêt de mort de ce coin de verdure. C’est tout ce que l’on peut leur reprocher… j’espère que les prochaines personnes dans la même situation prendront le temps de vérifier les informations qu’on leur fournit.
En ce qui concerne la commune, elle a indéniablement failli à son devoir d’information. En outre, Monsieur le Maire n’aurait pas du répondre aussi agressivement au courrier (certes très désagréable) de ma mère. Un homme politique devrait dialoguer avant de prendre position sans connaître tous les éléments de la situation.
À bon entendeur, salut.
PS: Cet article représente l’opinion de Raphaël Hertzog et de lui seul, il ne saurait engager la responsabilité de ses parents.
Commentaires
22 réponses à “La discorde du Hittenberg”
Salut Raph, c’est vraiment super ce que tu viens de faire.
Extrêmement dommage que la commune n’a pas informé les particuliers concernés de leurs droits (et pas seulement toujours leurs devoirs de citoyen) ou au moins distribué une circulaire ou fait une réunion d’information.
Cela aurait (sûrement) évité ce massacre, c’est lamentable.
Bien à toi et bonjour à Sophie.
Tanti
Je suis dubitatif : cela ne relève-t-il pas de l’escroquerie ? Ne serait-il pas intéressant (et possible) de casser les deux signatures obtenues frauduleusement et de forcer la société incriminée défaire ce qu’elle a commencé ?
Évidemment, c’est brutal, mais je ne serais pas mécontent de savoir qu’on peut porter un coup aussi douloureux (financièrement, puisqu’ils perdraient et les gains du lotissement, et le coût de la réparation de leurs saccages) à une grosse société de l’immobilier (i.e. David contre Goliath).
Où commence l’escroquerie et où s’arrête la pression sociale ? Difficile à dire … et difficile à prouver au tribunal. Mes parents veulent vivrent « paisiblement » dans le coin et faire un procès alors que le quartier satisfait de nombreux vendeurs ainsi que de nombreux acheteurs risquerait de poser plus de problèmes que cela n’en résoudrait.
Pour info, le droit à la propriété privée est un droit fondamental garanti par la constitution française. Par conséquent, il ne peut être remis en cause que dans des contextes précis. Ainsi, l’Etat possède le droit d’expropriation dont il peut user pour des raisons d’intérêt général.
Les collectivités et autres organismes publics récupèrent elles aussi un droit d’expropriation également soumis à une condition d’intérêt général. Cependant, il me semble qu’il leur est assez fastidieux d’en faire usage (car elles doivent passer par l’état d’où une procédure longue et contraignante qu’elles ne maitrisent pas). Pour des raisons de simplcité et de risque de réaction des adminisitrés, les collectivités locales font plus souvent usage d’un droit de préemption (c’est-à-dire que lorsqu’une transaction immobilière a lieu, elles prennent purement et simplement la place de l’acheteur si elles sont intéressées ce qui leur permet d’acquérir le terrain sans utiliser l’expropriation).
En tout cas et comme tu le précises, un intervenant du secteur privé ne peut en aucun cas avoir un droit d’expropriation. Et même si la mairie aurait voulu faire quelquechose, cela n’aurait pas été possible car l’expropriation n’aurait pu être justifié : où est l’intérêt général dans la construction d’un lotissement privé ? S’il s’était agit d’un lotissement social géré par un organisme public par contre la question pourrait se poser…
Merci d’avoir fait part de ton expérience et bon courage à ta mère (sniff, sniff, si j’ai bien compris il ne sera plus possible de dormir dans la caravane et d’avoir la nature derrière !)
moi j ai une petite question je suis entrain de racheter la maison de mon grd pere mais la mairie veut preempter une partie du terrain de la maison . J explique il y a deux terrain un deriere l autre celui de mon grd pere et d une voisine et la la mairie veux preempter sur les deux parcelle de terrain mais la voisine ne cedera pas ke dois je faire signer ou pas et si la voisine ne vent pas suis je obliger de signer ou pas et kel sont les rique.
Dans l attende de votre reponse merci d avance
bonjour!
Je comprends votre réaction et celle de votre mère à la suite du projet immobilier de votre commune et je vous écris pour exprimer ma révolte contre le projet immobilier de la nôtre; un 5ème lotissement; dont celui-ci, composé de 38 maisons.
Récemment, le permis de construire a été accordé pour une maison individuelle construite sur un terrain de 2 ARES (vous avez bien lu!).
L’appât du gain autorise tous les excès, sans limite.
Je me fâche également contre la mafia immobilière: ces prédateurs!.
J’ai l’impression d’être seule à réagir contre ces abus car je pense avant tout à la quiétude disparue de notre village (bruit, trafic, problèmes de voisinage etc…) et surtout, AUCUN RESPECT POUR LA PRESERVATION DE NOTRE ENVIRONNEMENT, au nom de l’ARGENT!.
Je tenais à dénoncer toutes les dérives au nom du PROFIT!
Je vous remercie pour votre article et votre réaction.
E MAIZIER
je reste trés émue lorsque je viens de tomber sur votre site car aujourd’hui il est aprés nous arriver la méme chose .un lotissement prés de ma propriété un lotissement grand standing sur la commune d’ETAULES en charente maritime,a part la pancarte du projet pour la vente mise par l’agence de l’Océan a Royan 17 l’anonçant, nous n’étions pas au courant et a la mairie nous ne pouvons pas consulter le projet il parait que s’est trops tard.Alors avant on ne l’a pas su et a présent c’est trops tard.Tout a été fait en douce,méme cette hiver lorsqu’ils ont bornés le terrain personne n’a rien dit alors qu’a présent nous savons que le projet était déjà bien avançé.Peu on encore faire quelque chose ? et quoi face a de gros financiers.
je pense qu’ils ne vont pas tarder a venir couper les arbres et commencer.et adieu notre tranquilité.
ils ont commençes a dire que notre terrain était sale qu’il falait enlever nettoyer.Ils préparent le terrain (la commune sous d’autres prétectes)et je pense aujourd’hui qu’ils vont tout faire pour que l’on pate ils veulent nous dégouter « le projet est trops beau,pour des petites gens « .
cest gros promoteur sont rendus dans notre région et endorment je ne sais pas par quelle moyen nos élus,et les gens ne savent pas que le probléme est trés grave tant qu’ils ne sont pas touchés au prés.
Notre région était si belle et voir se quelle devient est désolant.
.J’EN SUIS MALADE je passe mes nuits a réfléchir.Peu étre que quelqu’un va pouvoir m’aider
MERCI de m’avoir lu
MOREAU GENEVIEVE
j.moreau9@tiscali.fr
BONJOUR ou en sont- il aujourd’hui ?
– es qu’ils ont construit ce lotissement ?
– ou en étes -vous ?
avez vous pus avoir gain de cause oui ou non ? ont ils étés les plus forts ?
MERCI de nous tenir au courant
GENEVIEVE
Bonjour Geneviève,
oui le lotissement a été construit et déjà à l’époque de cet article (il y a deux ans!) il était trop tard pour faire marche arrière et empêcher ce projet. Actuellement les premières maisons vient d’être finies et les nouveaux voisins emménagent.
Bonsoir Geneviève
je viens de lire votre lettre et vous encourage vivement à vous regrouper et à lutter contre ces sociétés immobilières qui achètent tous les terrains et maisons et sont responsables de la flambée des prix de l’immobilier.
Ne restez pas seule et faites signer une pétition et alertez la PRESSE et autre médias pour vous faire entendre… ne vous laissez pas intimider
par ces puissants groupes car vous avez des DROITS
vous n’avez pas été prévenu par ce projet et c’est ILLEGAL.
A BIENTOT de vous relire. Elvire
bonjour!
pouvez-vous supprimer mon EMAIL car il ne devait pas apparaître!
merci!
c’est règlé! mon émail n’apparaît pas! ouf
NON AUX PROMOTEURS IMMOBILIERS
NE VENDONS PAS NOS TERRAINS A CES SOCIETES MAFIEUSES
STOP AUX LOTISSEMENTS: LA QUALITE ET NON LA QUANTITE
PROTECTION DE NOTRE ENVIRONNEMENT
RESPECT DE NOTRE CADRE DE VIE ET DE NOTRE QUALITE DE VIE
transports, énergie < Mer
Un communiqué du collectif des résidents de la pointe des Renards et des Conquétois soucieux de leur patrimoine
Empêcher les promoteurs de faire main basse sur un site, aussi apprécié des Conquétois et de tous les promeneurs, est-ce seulement défendre un intérêt privé ?
mardi 21 novembre 2006
Une menace se dessine sur la Renards, d’où émettait autrefois « Radio-Conquet » à destination des navires. Cette s’avance dans la mer entre la pointe de Kermorvan au nord et la pointe Saint-Math et donne largement sur le chenal du Four et la mer d’Iroise.
La municipalité conquétoise a acheté en 2000, les terrains et bâtiments de l’an cienne radio-maritime, en relais pour y établir les services du parc marin d’Iroise. Aujourd l’abandon de l’idée initiale, monsieur le maire du Conquet se propose de vendre à des promoteurs immobiliers, sans cahier des charges, l’ensemble de la propriété. Les projets des candidats font tous table rase du bâti existant, granit et ardoise, pour lui substituer à l’aplomb du chemin côtier, à une quinzaine de mètres de la falaise, un vaste ensemble à vocation hôtelière, et des blocs résidentiels en bordure de la zone littorale protégée.
Les résidents de la pointe des Renards, les Conquétois soucieux de la préservati patrimoine et tous ceux qui déplorent l’idée de dégradation irréversible des sites des constructions inadaptées, se retrouvent aujourd’hui dans un collectif qui fait appel à la solidarité de défenseurs de la nature et des beaux paysages.
Le collectif des résidents de la pointe des Renards et des Conquetois soucieux de leur patrimoine a déjà récolté 700 signatures à sa pétition [1].
Nous souhaitons, aujourd’hui, répondre aux propos de Jacques Le Guillou, premier adjoint au maire du Conquet, parus samedi dans Quest-France.
Il est dit que la mairie joue la carte de l’apaisement et de l’emploi, en ce qui concerne le projet immobilier à la place de Radio-Conquet. Compte-t-elle apaiser les Conquetois en les tenant dans l’ignorance des projets ? Ne doit-on pas débattre ensemble, pour savoir s’il est judicieux de vendre le site à des promoteurs pour y établir un hôtel de luxe et des résidences de tourisme, au lieu de transformer les bâtiments existants en logements locatifs ou privatifs accessibles aux familles à revenus modestes ?
Jacques Le Guillou affirme ençore que la mairie est bien décidée à ne pas précipiter les choses. Mais elle prévoit la vente en janvier au promoteur retenu par elle !
Venons-en à l’emploi. Si la mairie avait été réellement, et non verbalement, soucieuse de l’emploi, aurait-elle laissé vendre l’hôtel Sainte-Barbe sans mot dire ? Ainsi, trente emplois viennent d’être perdus sans qu’elle s’en soucie, pas plus qu’elle ne s’est mobilisée au début de l’an 2000 lors de la fermeture de Radio Conquet qui a entraîné la disparition de 45 emplois.
Par ailleurs, Jacques Le Guillou affirme que les riverains ne défendent que leurs intérêts privés. Il ignore sans doute les combats menés en 1971 et 1972 par l’Association pour la défense du littoral de Corsen à Saint-Mathieu, contre le projet de ZAC de 2000 logements de tourisme sur les dunes des Blancs-Sablons et la presqu’île de Kermorvan. Les résidents de la pointe des Renards étaient parmi les Conquétois les plus déterminés à sauver cet espace littoral.
L’association a gagné, les bétonneurs ont plié bagages, le Conservatoire du littoral a pu acquérir ces terrains. Intérêts privés et intérêt collectif peuvent très bien se conjuguer. Empêcher les promoteurs de faire main basse sur un site, aussi apprécié des Conquétois et de tous les promeneurs, est-ce seulement défendre un intérêt privé ?
Jean-Pierre Clochon (Conquet-29)
[1] télécharger la pétition
Immobilier / Promoteur alsacien Brun Habitat
Un couple de Munster porte plainte
Angélique et Michaël Denis vivent un cauchemar depuis des mois. A l’image de nombreux acquéreurs alsaciens, ces jeunes parents ont acquis un F 3 à Bergheim au Domaine du vignoble, lancé par le promoteur immobilier Brun Habitat. L’appartement de leur rêve n’est toujours pas achevé.
C’est un doux rêve que caresse les jeunes couples. Avoir son propre chez-soi, le rêve de toute une vie, celui d’Angélique et de Michaël Denis. « On a signé chez le notaire le 13 juillet 2006 pour devenir propriétaire d’un F 3 à Bergheim. Auparavant, en mars, nous avions fait un dépôt de garantie de 1000 euros pour réserver l’appartement », détaille la jeune femme de 27 ans. « Un appartement en rez-de-jardin sur la Route des vins. On a choisi Bergheim car nous travaillons tous les deux à Colmar et le village est facilement accessible par la voie rapide », ajoute Michaël Denis, 31 ans.
Un appartement que le couple n’habite toujours pas alors que la livraison était prévue pour le semestre 2007. « Au départ, lorsqu’on a réservé le F 3, on nous avait dit que la livraison se ferait fin 2006. Puis lorsqu’on a signé l’acte d’achat, il était stipulé qu’on serait livré courant du premier semestre 2007 », peste la mère de Mathias, 17 mois.
« On devrait rembourser
notre prêt 900 euros par mois
mais c’est impossible »
Un an après, la situation n’a pas changé. Angélique et Denis résident encore à Munster où ils louent : « On paie environ 600 euros de loyer par mois. On devrait rembourser notre prêt 900 euros par mois mais c’est impossible. Nous n’avons pas les moyens », reconnaît Angélique Denis. Qui a dû faire des prorogés auprès de sa banque depuis le mois de novembre : « On donne environ 300 euros chaque mois pour pouvoir éponger le prêt ». Un prêt de 210 000 euros lancé sur 25 ans. « A ce rythme, on est parti pour trente ans », lâche la jeune femme, excédée de cette affaire : « L’achat de l’appartement est de 193 500 euros et nous avons décidé d’acheter en plus avec le prêt une salle de bains et une cuisine ». Une cuisine dont le couple est contraint à garder puisque l’enseigne ne peut la récupérer. Bref, un véritable cauchemar. D’autant plus que ces jeunes parents n’ont pas de famille en Alsace chez qui ils pourraient loger en attendant que la situation se débloque.
« J’aimerais rencontrer
les autres acquéreurs et
que l’on se mobilise tous »
« Depuis le mois de février, il n’y a personne sur le chantier. En avril, l’état des travaux était au même stade. A l’heure actuelle, il manque une fenêtre à notre appartement », précise ce militaire du 152e régiment d’infanterie de Colmar. « Concernant la toiture, il manque des tuiles. Côté isolation, il y a juste les plaques, les rails et la laine de verre », enchérit son épouse. « On est écoeuré. C’est notre premier gros achat. On a peut-être fait confiance trop vite mais on nous a dit à plusieurs reprises que la garantie d’achèvement des travaux n’était pas obligatoire et qu’elle était de moins en moins utilisée par les promoteurs immobiliers. C’est sûr, on n’achètera plus sur plan ». Le couple a déjà payé 70 % du prêt mais côté construction, le chantier (2 immeubles de 20 logements) débuté en 2004, est loin d’être achevé à 70 %.
Hier, le couple avait rendez-vous avec son avocat qui déposera la plainte au procureur de la République. « J’aimerais rencontrer les autres acquéreurs et que l’on se mobilise tous », confie Angélique. C’est bien connu, l’union fait la force. Cette jeune mère de famille sait de quoi elle parle. L’année dernière, elle a adressé une multitude de lettres recommandées, appelé à plusieurs reprises et s’est même rendue une fois au siège de Brun Habitat, à Strasbourg. Sans résultat.
Laëtitia Neumann
A Sigolsheim, un chantier de 24 appartements, lancé par Brun Habitat en 2004, n’est toujours pas achevé.
Édition du Mar 12 août 2008
C’est dans un de ces appartements que le couple devait emménager l’an passé avec leur petit garçon. (Photo DNA-Francis Entzmann)
Angélique et Michaël Denis ont fait appel à la justice. (Photo DNA-Laurent Habersetzer)
Brun Habitat en liquidation
Le promoteur alsacien Brun Habitat SARL a été mis en liquidation judiciaire avec effet immédiat. La plupart de ses chantiers étaient paralysés depuis des mois (DNA du 7 août), les entreprises plus payées et les acquéreurs dans des situations parfois dramatiques.
Rideau ! Après des mois d’atermoiements, le couperet est tombé. Saisi de plusieurs plaintes, le procureur de la République a ordonné une enquête sommaire qui a très vite révélé que Brun Habitat n’était plus en mesure de faire face à ses obligations. Le parquet a alors saisi la 1ere chambre commerciale du Tribunal de grande instance de Strasbourg qui a prononcé, lundi, la liquidation judiciaire immédiate de la SARL. Elle a désigné comme liquidateurs Me Jean-Denis Mauhin, ainsi que Me Evelyne Gall.
Des acquéreurs
se disent spoliés
« Dans un premier temps, nous expliquait hier le procureur Philippe Vannier, il faudra déterminer avec précision la constitution juridique de ce groupe autour duquel il y a une constellation de sociétés ». Autant dire qu’il est probable que la procédure soit étendue à d’autres sociétés, en particulier aux différentes Sociétés civiles immobilières (SCI) créées pour chaque programme immobilier. A ce jour, une dizaine de chantiers sont en déshérence, parmi lesquels Marmoutier, Oberschaeffolsheim, Behlenheim, Bergheim et Sigolsheim.
Certains acquéreurs sont au bord du surendettement, d’autres sont contraints de loger chez des amis. Au total, une centaine de familles se retrouvent en situation de détresse. A Schweighouse-sur-Moder, sept acquéreurs se constituent ces jours-ci en association. Ils ont déjà une idée de dénomination : « Le Clos du paradis, ça sonne bien, non ? », ironise Jacky Forrler, l’un des accédants. Une fois constituée, l’association entend porter plainte pour « abus de confiance » et enfin faire valoir ses droits auprès des liquidateurs.
Isabelle Jung est sceptique. La jeune femme vient de gagner ses deux procès, le premier contre la SCI Villa L’Eden, et l’autre contre Brun Habitat. « Quand j’ai vu que la toiture n’était toujours pas posée et que les travaux n’avançaient plus, début juillet 2007, alors que nous aurions dû rentrer dans notre appartement, j’ai refusé de payer le deuxième appel de fonds. Et j’ai mené une action en justice pour obtenir la résolution de la vente ».
Ce qui a été fait. Des indemnités ont été accordées. Mais, dit-elle, « il n’y a pas d’argent sur les comptes de la SCI, et pas davantage chez Brun Habitat. Aujourd’hui, je n’ai pas d’appartement, et j’ai potentiellement perdu 55 000 € ».
Du côté des entreprises, la situation est tout aussi dramatique. Les ardoises sont énormes, certaines dépassent les 500 000 €. Ainsi, en 2005, l’entreprise Stark de Minversheim sort les fondations de la Villa Eden de Schweighouse-sur-Moder, mais s’inquiète : « Le chantier avait déjà deux mois de retard, et Brun ne me fournissait toujours pas de plans. J’ai demandé un cautionnement bancaire que le promoteur m’a refusé. Suite à ça, j’ai appelé quelques collègues qui m’ont mis en garde. J’ai donc procédé à un relevé des travaux par huissier et j’ai tout arrêté », signale Gilbert Stark.
Tous n’ont pas eu le même flair. Les factures impayées s’accumulent : 26 000 € pour Socalec, sur les chantiers de Marmoutier et d’Oberschaeffolsheim. Une ardoise équivalente laissée chez Bati Ten, la société strasbourgeoise qui a réalisé le gros oeuvre de Schweighouse-sur-Moder.
L’étendue des dégâts ne sera sans doute connu que dans quelques semaines. Question : reste-t-il des actifs dans les sociétés Brun Habitat ? Hier soir, le dirigeant Antoine Brun n’était pas joignable : officiellement, son standard indiquait qu’il était en vacances jusqu’au 1er septembre.
Pascale Remy Christian Lienhardt
Édition du Jeu 21 août 2008
Les ardoises sont énormes, certaines dépassent les 500 000 €. (Photo DNA – Cédric Joubert)
Pour zoomer, cliquez sur une image
Des garanties ?
« Le ciel juridique s’est subitement éclairci », se réjouit Bernard Blaizeau, l’un des acquéreurs malheureux qui dit, sur la foi d’une expertise, avoir payé 80 % de son logement alors que les travaux réalisés ne correspondent en réalité qu’à 55 %. « Désormais, nous pourrons attaquer en justice pour accélérer la reprise de propriété et exiger que les garanties soient mises en oeuvre, en particulier la garantie de parfaite achèvement que le promoteur aurait dû souscrire, ainsi que les garanties intrinsèques ». En tout cas, avec plus d’une centaine d’accédants, il compte faire pression pour, dit-il, « mettre au jour et faire éclater » les responsabilités de ce sinistre : une réunion est prévue dès demain.
Tous les autres titres
Brun Habitat en liquidation
Le cri d’alarme des maraîchers
La Fecht produit de l’électricité
« Ne pas adapter notre conduite aux classements »
Le mammifère volant menacé
Restriction des subventions
Campagne sur le net
Les décorations ne seront pas rendues demain
RELIGION / CATHOLIQUES
COLMAR / TROPHÉE BARTHOLDI
Quelques 21 août
Les niveaux du Rhin
21.8.2008 sur le site des Dernières Nouvelles d’Alsace.
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Région – Économie / Immobilier
Brun Habitat en liquidation
Rideau ! Après des mois d’atermoiements, le couperet est tombé. Saisi de plusieurs plaintes, le procureur de la République a ordonné une enquête sommaire qui a très vite révélé que Brun Habitat n’était plus en mesure de faire face à ses obligations. Le parquet a alors saisi la 1ere chambre commerciale du Tribunal de grande instance de Strasbourg qui a prononcé, lundi, la liquidation judiciaire immédiate de la SARL. Elle a désigné comme liquidateurs Me Jean-Denis Mauhin, ainsi que Me Evelyne Gall.
Des acquéreurs
se disent spoliés
« Dans un premier temps, nous expliquait hier le procureur Philippe Vannier, il faudra déterminer avec précision la constitution juridique de ce groupe autour duquel il y a une constellation de sociétés ». Autant dire qu’il est probable que la procédure soit étendue à d’autres sociétés, en particulier aux différentes Sociétés civiles immobilières (SCI) créées pour chaque programme immobilier. A ce jour, une dizaine de chantiers sont en déshérence, parmi lesquels Marmoutier, Oberschaeffolsheim, Behlenheim, Bergheim et Sigolsheim.
Certains acquéreurs sont au bord du surendettement, d’autres sont contraints de loger chez des amis. Au total, une centaine de familles se retrouvent en situation de détresse. A Schweighouse-sur-Moder, sept acquéreurs se constituent ces jours-ci en association. Ils ont déjà une idée de dénomination : « Le Clos du paradis, ça sonne bien, non ? », ironise Jacky Forrler, l’un des accédants. Une fois constituée, l’association entend porter plainte pour « abus de confiance » et enfin faire valoir ses droits auprès des liquidateurs.
Isabelle Jung est sceptique. La jeune femme vient de gagner ses deux procès, le premier contre la SCI Villa L’Eden, et l’autre contre Brun Habitat. « Quand j’ai vu que la toiture n’était toujours pas posée et que les travaux n’avançaient plus, début juillet 2007, alors que nous aurions dû rentrer dans notre appartement, j’ai refusé de payer le deuxième appel de fonds. Et j’ai mené une action en justice pour obtenir la résolution de la vente ».
Ce qui a été fait. Des indemnités ont été accordées. Mais, dit-elle, « il n’y a pas d’argent sur les comptes de la SCI, et pas davantage chez Brun Habitat. Aujourd’hui, je n’ai pas d’appartement, et j’ai potentiellement perdu 55 000 € ».
Du côté des entreprises, la situation est tout aussi dramatique. Les ardoises sont énormes, certaines dépassent les 500 000 €. Ainsi, en 2005, l’entreprise Stark de Minversheim sort les fondations de la Villa Eden de Schweighouse-sur-Moder, mais s’inquiète : « Le chantier avait déjà deux mois de retard, et Brun ne me fournissait toujours pas de plans. J’ai demandé un cautionnement bancaire que le promoteur m’a refusé. Suite à ça, j’ai appelé quelques collègues qui m’ont mis en garde. J’ai donc procédé à un relevé des travaux par huissier et j’ai tout arrêté », signale Gilbert Stark.
Tous n’ont pas eu le même flair. Les factures impayées s’accumulent : 26 000 € pour Socalec, sur les chantiers de Marmoutier et d’Oberschaeffolsheim. Une ardoise équivalente laissée chez Bati Ten, la société strasbourgeoise qui a réalisé le gros oeuvre de Schweighouse-sur-Moder.
L’étendue des dégâts ne sera sans doute connu que dans quelques semaines. Question : reste-t-il des actifs dans les sociétés Brun Habitat ? Hier soir, le dirigeant Antoine Brun n’était pas joignable : officiellement, son standard indiquait qu’il était en vacances jusqu’au 1er septembre.
Pascale Remy Christian Lienhardt
© Dernières Nouvelles d’Alsace – 21.8.2008
26.8.2008 sur le site des Dernières Nouvelles d’Alsace.
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Région – Immobilier / Brun Habitat
Les promoteurs veulent jouer les facilitateurs
Bien que Brun Habitat n’en soit pas membre, la Fédération des promoteurs constructeurs d’Alsace et de Lorraine se mobilise pour tenter de sauver les meubles. « Pour les acquéreurs, comme pour les entreprises, nous voulons être des facilitateurs, et sans se substituer à la justice, nous allons nous impliquer pour aider à trouver des issues, chantier par chantier », assure Jean-Marie Wintenberger, le président de la fédération régionale. D’ailleurs, il ne cache pas qu’il n’est pas du tout de l’intérêt de sa profession de voir des entreprises du gros et du second oeuvre entraînées dans la tourmente.
« Non seulement, dit-il, notre fédération prend la pleine mesure des difficultés qu’engendre la liquidation judiciaire de Brun Habitat, mais elle apportera son soutien aux familles lésées en leur prodiguant son assistance, ainsi que tous conseils et appuis susceptibles de permettre une amélioration rapide de leur situation ». Et très concrètement, Jean-Marie Wintenberger les invite à le contacter. Dans un contexte économique déjà dégradé, la profession veut, on le comprend, éviter que cette affaire n’entraîne une crise de confiance auprès des futurs accédants à la propriété ou des investisseurs.
A cet égard, il rappelle que son organisation est la seule à représenter les promoteurs privés, « qu’elle définit, dit-il, les règles déontologiques et veille à l’éthique professionnelle de ses adhérents ». Dans le passé, affirme-t-il, Brun Habitat avait demandé à adhérer à l’organisation, mais cette demande n’avait pas obtenu l’approbation des membres actifs de la fédération régionale. Quoi qu’il en soit, le dirigeant de la société basée à Strasbourg, dans le quartier de Cronenbourg, est désormais appelé à répondre aux multiples interrogations du liquidateur désigné par le tribunal, Jean-Denis Mauhin.
Au volant d’une Porsche,
ce week-end
à Magny-Cours
Or, jusqu’à présent, certains disaient Antoine Brun introuvable. Faux. Antoine Brun disputait samedi à Magny-Cours au volant d’une Porsche Cayman la quatrième course du Trophée Cayman Cup qui lui a permis de se hisser en troisième position de la compétition. Amateur de belles mécaniques, cet habitué des circuits s’était engagé dans la compétition en début d’année.
Arrivé neuvième des qualifications vendredi, Antoine Brun s’est classé en cinquième position, samedi, selon Alain Grumbach, le propriétaire strasbourgeois de l’écurie de course qui lui a vendu la prestation, c’est-à-dire loué un « demi-baquet » pour la saison : « C’est un très bon pilote, extrêmement doué, qui roule bien, qui roule propre », commente celui-ci. Un sentiment partagé par l’un de ses compétiteurs, qui décrit Antoine Brun comme « un pilote hors du commun, au sens de l’équilibre exceptionnel, courageux en course ».
La prochaine course se déroule sur le circuit de Lédenon, à proximité de Nîmes, les 3 et 4 octobre prochains. Antoine Brun sera-t-il sur la grille de départ ?
Christian Lienhardt Pascale Remy
Contact : Fédération des promoteurs constructeurs d’Alsace et de Lorraine, Cité de l’Habitat, route de Thann, 68460 Lutterbach. Tel : 03.89.317.327. Fax : 03.89.644.932. Président : Jean-Marie Wintenberger. Secrétaire : Frank Maire.
© Dernières Nouvelles d’Alsace – 26.8.2008
27.8.2008 sur le site des Dernières Nouvelles d’Alsace.
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Economie – Logement / Chute des ventes
L’immobilier dans la tourmente
Les ventes de logements neufs, avec une baisse de 30% pour les six premiers mois de 2008, montrent que la France se dirige en effet, comme ses voisins européens, vers une crise immobilière. Mais elle devrait toutefois éviter un krach en raison du faible endettement des ménages emprunteurs. « Ce n’est plus seulement une crise de financement ; la France se dirige vers une crise de l’immobilier », estime Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université de Paris X-Nanterre.
Gonflement des stocks
mais pas de risque de krach,
ni d’effondrement des prix
Les ventes de logements neufs en France ont reculé de 33,9% au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2007, pour s’établir à 21 500 unités, a annoncé hier le ministère de l’Ecologie.
Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse est de 30% par rapport à l’année dernière. La chute dépasse même les 50% dans cinq régions : Aquitaine, Lorraine, Midi-Pyrénées, Bourgogne, Limousin. Seule Champagne-Ardenne échappe à la baisse en France métropolitaine.
Aussi le nombre de logements neufs proposés à la vente est arrivé, avec 110 500 unités, à un sommet qui n’avait plus été atteint depuis 1978 (134 000 en 1982), souligne M. Mouillart. Les logements terminés représente 3,4% de ce total, la plupart des programmes n’étant pas terminés ou pas mis en oeuvre, relativise Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC).
Les nuages noirs qui assombrissent l’avenir de l’immobilier (hausse des taux d’intérêt, accès plus difficile aux crédits accordés par les banques) conduisent pourtant la FPC a réviser drastiquement ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2008. « Je prévois désormais que le nombre de logements neufs construits ne sera compris qu’entre 90 000 à 95 000 contre 110 000 envisagés en début d’année et 127 000 en 2007 », déclare Jean-François Gabilla.
Conséquence de ce fort ralentissement : le nombre de mises en chantier de logements a encore reculé au cours de la période allant de mai à juillet, pour atteindre 107 238 soit 11,8% de moins qu’un an plus tôt. Au cours des douze derniers mois (août 2007 à juillet 2008), le nombre de mises en chantier est en repli de 6,6% à 401 623 unités et le nombre de permis de construire de 12,6% à 494 791 unités.
Mais, estime l’Institut Xerfi, « il ne faut pourtant pas trop noircir le tableau » car « le scénario noir du début des années 90, marqué par une explosion des stocks et l’effondrement des prix, n’est pas d’actualité ». Pour Xerfi « contrairement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à l’Espagne, la situation financière des ménages reste saine » car « il n’y a pas eu de dérives excessives de l’endettement ». « La bulle immobilière se dégonfle et les prix vont baisser mais il n’y aura pas de krach », prédit Alexandre Mirlicourtois, de Xerfi. Un dégonflement qui touche aussi désormais la région parisienne qui semblait rester à l’abri.
© Dernières Nouvelles d’Alsace – 27.8.2008
27.8.2008 sur le site des Dernières Nouvelles d’Alsace.
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Economie
Le retournement de tendance est aussi très sensible en Alsace
Au second trimestre 2008, les ventes de logements neufs -en collectifs- ont baissé de 40% en Alsace par rapport à la même période de 2007, pour tomber à 604 lots.
Selon les statistiques des services de l’Équipement du ministère de l’Ecologie, les stocks sur la région ont progressé de près de 10% pour atteindre 3 883 logements. Devant ce retournement, les promoteurs ont réduit le nombre de nouveaux programmes mis en vente, et ce de 15%. Pour autant, d’une année sur l’autre, les prix moyens ont continué à progresser : +4%, pour atteindre les 2 707 euros au m².
Sur le terrain, la baisse des ventes se traduit déjà très concrètement : de mai à juillet, le nombre total de mises en chantier est passé en un an de 3 812 logements à 2 762, soit un recul de plus de 27%.
D’ailleurs ce repli est encore plus manifeste pour les seuls logements en collectif : -31%. Et la tendance ne devrait pas s’inverser au cours des prochains mois en Alsace puisque le nombre de logements autorisés ayant fait l’objet d’un permis de construire s’inscrit en baisse de 17%. Dans le seul Haut-Rhin, le recul est de 20%.
Des chiffres qui n’inquiètent pas outre mesure les professionnels alsaciens : « c’est un retour à la normale, après une période d’euphorie de plusieurs années », commente Jean-Paul Florentin, PDG de Spiral. « La demande reste forte, ajoute Thomas Leclercq, président du Conseil régional de l’immobilier, mais on souffre aujourd’hui d’une crise de solvabilité, certains clients ont du mal à trouver des financements, les banques ont resserré leurs critères. ». Et sur le front des prix, il confirme une stabilisation dans le neuf, sachant que l’ancien accuse déjà un léger recul.
Chr. L.
© Dernières Nouvelles d’Alsace – 27.8.2008
Merci de ne plus recopier des articles de journal dans les commentaires de cet article (sinon je les supprime et je ferme les commentaires sur cet article).
C’est bien de vouloir partager ses expériences mais dans ce cas faites-le avec vos propres phrases…
Il y a une leçon très simple à tirer de l’évènement : ne jamais rien signer sans l’intervention d’un bon avocat dont les honoraires sont négligeables en face du dommage causé.