Si j’étais président…

Cet article s’adresse à tous les hommes politiques qui vont diriger la France dans les prochaines années, aussi bien de gauche que de droite. Le changement a été un leitmotiv dans ces dernières élections… mais le changement qu’il faut à la France doit aller bien plus loin que les promesses faites dans la campagne.

Les thèmes que je vais aborder n’ont pas été au cœur de la dernière campagne présidentielle, mais il n’en reste pas moins qu’ils sont essentiels. Les hommes et femmes politiques qui auront le courage de mener ces réflexions et de faire évoluer notre pays, auront toutes les chances de rentrer dans l’Histoire.

Je réfléchirai à la réforme du système monétaire

L’effondrement du système financier international est à la une des médias et tout le monde suit cela comme un feuilleton à rebondissements. Personne ne s’interroge sur comment on en est arrivé là. Ou alors les explications données sont bien superficielles…

Pourtant le problème est systémique. Peu de personnes savent que l’argent en circulation est en réalité de l’argent dette. Chaque fois qu’une banque accorde un crédit, l’argent correspondant est créé. Malheureusement l’argent nécessaire pour rembourser les intérêts du crédit, lui n’est pas créé. Il faut donc le prendre sur l’argent déjà en circulation (et qui provient donc de crédits d’autres personnes/entreprises/états). Au final, pour que le système fonctionne correctement, il faut une masse monétaire en augmentation régulière.

Ainsi donc lorsque les banques arrêtent d’accorder de nouveaux crédits, elles créent automatiquement les conditions pour qu’une parties des créditeurs soient dans l’incapacité de rembourser leurs prêts. Les faillites deviennent inéluctables et le chômage s’envole.

Face à ces problèmes récurrents, il faut travailler à un nouveau système en gardant à l’esprit que l’argent est un outil au service de l’homme (dont l’objectif est de faciliter les échanger de services et de biens), et qu’on ne peut accepter la situation actuelle où la majorité de l’argent sert à auto-alimenter un système financier en déroute alors même que 10 à 20% des personnes n’ont même pas les moyens d’en gagner faute de travail rémunéré.

Je n’ai pas de solution miracle mais il me semble évident que les états (ou l’Euroland, la nouvelle Europe politique en gestation) doivent reprendre un rôle plus important dans le processus de création monétaire. Peut-être aussi faut-il changer les règles pour encourager la circulation de l’argent plutôt que sa thésaurisation. Le recours plus important à des monnaies alternatives est également une piste à explorer.

Quelques liens sur le sujet:

J’instaurerai le revenu de base

Le revenu de base est une évolution nécessaire de notre société. Il s’agit d’un revenu versé à chaque homme, femme, et enfant, et dont le montant doit leur permettre de se nourrir et de se loger.

Versé à tous les citoyens, quels que soient leur richesse ou leur condition sociale, ce revenu est un symbole d’égalité entre les hommes. Il encourage la création de familles et la vie en communauté, car le cumul des revenus de base et le partage des coûts d’un logement permet de vivre dans de meilleures conditions.

Ce revenu répond ensuite à une exigence de solidarité. Les gains de productivité et les progrès technologiques font que le plein emploi n’est qu’un souvenir des trente glorieuses. Il n’est plus nécessaire que tout le monde travaille pour assurer le minimum vital à toute la population. Et pourtant, sans ce revenu de base, travailler est le seul moyen de gagner l’argent nécessaire à sa propre survie. Il faut casser ce cercle vicieux qui nous a entraîné discrètement mais sûrement vers une société d’hyper-consommation, puisque consommer toujours plus a été le seul moyen que l’on a trouvé pour fournir du travail à une majorité de personnes (au détriment des ressources de la planète qui ont été pillées pour alimenter cette sur-activité).

Enfin, ce revenu répond à un besoin de liberté. Liberté de choisir son travail d’abord: lorsque nos besoins vitaux sont assurés, il n’y a plus de raison de prendre le travail comme un mal nécessaire. Les tâches ingrates devront être mieux rémunérées (ou alors être effectuées par des machines), sans quoi les gens préféreront utiliser leur temps à d’autres occupations. Liberté d’entreprendre également: créer son entreprise est est soudainement nettement moins risqué, puisque le revenu de base fournit l’assurance de pouvoir se relever d’une faillite.

Le France, si fière de sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité », est le pays idéal pour mettre en place ce revenu de base et montrer le chemin au reste du monde. Une telle réforme modifiera profondément notre société, mais celle-ci sera enfin le reflet collectif de nos choix personnels. Lorsque les gens ne seront plus focalisés sur leur propre survie, ils pourront enfin s’attarder sur d’autres préoccupations comme les enjeux écologiques auxquels nous faisons face.

Bien sûr, une telle mesure coûterait très cher. Mais elle remplacerait avantageusement la majorités des aides existantes, y compris la retraite, et pourrait aussi être partiellement financée par la création monétaire si l’état en reprenait le contrôle. Il s’agit plus d’une question de volonté politique que d’autre chose.

Quelques liens sur le sujet:

Je changerai le mode d’élection

Nos institutions politiques sont vieillissantes et une sixième république est une nécessité. Bien des changements sont souhaitables, mais je n’aborderai qu’un seul changement dans cet article: le mode de scrutin pour les différentes élections.

À chaque élection la question du « vote utile » revient. Faut-il voter le parti dont on se sent le plus proche qui n’a pas que peu de chances de gagner, ou bien faut-il choisir un gros parti à l’idéologie pas trop éloignée pour s’assurer que ce dernier sera bien représenté au deuxième tour ? Cette question ne devrait pas avoir lieu d’être. Il faut donner le moyen aux Français de voter selon leurs convictions réelles, et il faut que le vainqueur de l’élection soit le candidat le plus consensuel.

Fort heureusement, cela existe déjà et c’est employé par de plus en plus de structures associatives. Cela s’appelle le vote de Condorcet. Au lieu de ne choisir qu’un seul candidat, les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Il suffit d’un tour pour identifier un vainqueur. Bien entendu, le décompte des votes est un peu plus compliqué mais nous sommes en 2012 et l’informatique rend cela relativement aisé (tout en offrant à chaque citoyen la possibilité de vérifier si son vote a correctement été pris en compte).

Je préparerai les jeunes à être des adultes responsables et impliqués

Si l’on veut changer le monde, il faut changer les gens. C’est une mission de longue haleine qui se joue essentiellement à l’école. En effet, c’est à l’école que revient la lourde charge de préparer nos enfants à faire face aux défis de demain… et ces défis sont multiples, il ne s’agit pas simplement d’avoir les compétences nécessaires pour trouver un travail.

Il s’agit d’être de bons citoyens capables de prendre des décisions averties. Ils vont devoir élire des dirigeants sur des programmes économiques, sociaux et politiques. Il est donc impératif que tout un chacun ait des connaissances minimum sur l’ensemble de ces sujets. J’ai fait des études jusqu’au niveau ingénieur et pourtant on ne m’a jamais appris le mécanisme de création monétaire!

Il s’agit d’être de bons consommateurs. Ou plutôt des consomm-acteurs comme on dit de nos jours. Si tout le monde était convaincu d’avoir un réel pouvoir en sélectionnant attentivement ce qu’ils achètent (ex: électroménager garantie 20 ans, produits bio et locaux, etc.), le paysage économique serait différent.

Il s’agit d’être prêt a gérer une multitude de responsabilités comme fonder une famille, créer une entreprise ou diriger une association. Pour cumuler ces rôles avec succès, il y a des outils et des méthodes d’organisation, l’école devrait les présenter pour que chacun puisse choisir le mode de fonctionnement qui lui convient.

Enfin et surtout, il s’agit de s’assurer que chaque enfant ait pu donner un sens à sa vie. Leur épanouissement ne sera total que s’ils peuvent s’engager dans un travail ou dans une direction en adéquation avec leur sensibilité personnelle.

J’évaluerai l’efficacité de mon travail avec le baromètre du bonheur des Français

J’aurai à cœur que chaque citoyen trouve sa place dans la société et soit heureux de la contribution qu’il apporte. La plupart des statistiques (côtes de popularité, taux de chômage, croissance, PNB, etc.) sont bien insignifiantes lorsque le bien-être de ses concitoyens est l’objectif essentiel. Prenons exemple sur le Bhoutan et son indice du Bonheur national brut

One thought on “Si j’étais président…”

  1. Salut Raphaël,

    Concernant la monnaie, si on en est là c’est probablement à cause de Giscard d’Estaing et sa loi de 1973 (en privatisant la création monétaire et en nous obligeant à payer des intérêts aux banques) puis de la loi Maastricht. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_du_3_janvier_1973_sur_la_Banque_de_France

    Ensuite de façon générale je crains que les « besoins vitaux » (se nourrir..) vont redevenir d’actualité avec la fin du pétrole….

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